S comme sustain

« Ô temps, suspends ton vol ! »

Alphonse de Lamartine n’était pas batteur ! Mais ce vers extrait de son poème intitulé Le lac pourrait devenir la devise des percussionnistes cherchant à maîtriser la sonorité de leur instrument.

Aujourd’hui S comme… SUSTAIN

Chaque instrument de musique possède ses propres capacités à maintenir un son (ou une note) à un volume constant pendant un certain laps de temps. Cette caractéristique s’appelle le sustain.

Une nouvelle fois, ce terme technique provient d’un verbe anglais qui signifie maintenir, soutenir, entretenir.

Pour de nombreux instruments, le sustain désigne donc la longueur de la note produite.

Pour la batterie, il évoque davantage la faculté de maintenir l’amplitude du son et de prolonger la résonance des fûts ou des cymbales après une frappe. On parle alors de la tenue du son.

Pour les différents fûts de la batterie, le sustain découle de multiples paramètres : 

  • le matériau et la composition du fût,
  • l’épaisseur de ce dernier : d’une manière générale, on considère que plus le fût est épais et moins le sustain est important (mais selon la composition du fût, cette vérité peut être remise en question !).
  • la profondeur ou plutôt la proportion du fût (c’est-à-dire le ratio entre son diamètre et sa profondeur),
  • la forme des chanfreins : plus la surface de contact avec la peau est importante et plus le sustain est réduit. 

Mais la nature-même du fût n’est pas le seul paramètre à prendre en compte. Il faut également considérer le rôle primordial joué par :

  • l’accastillage (cercles, pieds, potences et suspensions) qui contient plus ou moins la vibration naturelle du fût et des peaux,
  • l’éventuelle utilisation de sourdines et mufflers,
  • le type des peaux utilisées et leur tension (c’est essentiellement la peau de résonance qui détermine le sustain du fût).

De la même manière, la conception (courbure, dimension de la cloche…), l’alliage mis en œuvre, l’épaisseur et le diamètre des cymbales conditionnent leur sustain.

Ainsi, vous obtiendrez généralement un sustain plus long si vous utilisez des cymbales épaisses, lourdes et de grand diamètre.

Que ce soit pour les fûts comme pour les cymbales, les baguettes utilisées et l’attaque du batteur peuvent également influencer le sustain, tout comme l’environnement où est installée la batterie (scène extérieure, proportion du studio, etc).

Le sustain est donc une affaire complexe mêlant physique et acoustique. Mais c’est aussi une affaire de goût. Et, pour le batteur, le bon sustain sera celui qui permettra à la note de voyager aussi loin qu’il le désire avant de disparaître complètement.

Retrouvez La Batterie … Mot à Mot ! sur Rim Shot & Ghost Note.

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