S comme Shuffle.

Voici un terme musical qui agite l’imaginaire des batteurs néophytes (et des autres) !

Un terme qui nous parle d’une rythmique binaire à laquelle on substitue une figure ternaire pour aboutir à un incroyable groove… Il y a vraiment de quoi se mélanger les baguettes !

Aujourd’hui S comme… SHUFFLE

Le shuffle est apparu au cours des années 1930 dans les rythmes blues. Mais il est également utilisé dans la country, le rock, la pop, le rockabilly, etc.

Si vous recherchez une traduction de ce terme anglais, vous trouverez notamment « traînant » ou encore « traîner les pieds ». Mais quel est le rapport avec la batterie ?

La réponse est très simple. En utilisant une rythmique shuffle, le batteur joue au tempo tout en donnant l’impression de traîner un peu (mais sans jamais ralentir le tempo fixé). Pour cela, il utilise un subterfuge qui consiste à substituer un rythme ternaire au rythme binaire original. Ce dernier est alors divisé par trois ce qui a pour effet de transformer une simple noire en un triolet de croches. 

Et pour donner cet effet traînant, le batteur va jouer uniquement la première et la dernière croche de ce triolet, À l’écoute, on a alors l’impression que la première note du triolet dure deux fois plus longtemps que la dernière. Le tour est joué !

En jouant une noire suivie d’une croche (au lieu de jouer deux croches régulières) sur le hi hat, on passe de l’effet « sautillant » classique à l’effet « traînant » caractéristique du shuffle. En complément, la grosse caisse marque les 1er et 3e temps de la mesure alors que la caisse claire est jouée sur les 2e et 4e temps,

La notation du shuffle – Illustration : FR[ed]C – Rim Shot & Ghost Note

Sur les partitions, vous trouverez différentes manières de noter le shuffle. Mais, très souvent, le rythme est écrit en binaire ce qui permet de s’affranchir de l’écriture des triolets. Une simple annotation ou un symbole mentionne la rythmique shuffle à utiliser pour ce morceau. 

Mais le shuffle n’est pas uniquement une question de technique. Certes, cette approche rythmique particulière demande énormément de travail, en particulier pour acquérir une grande précision dans le placement des croches. En effet, le shuffle est avant tout une affaire de sensation et de ressenti pour arriver au groove des grands batteurs qui insufflent de nombreuses couleurs et nuances dans des rythmes basiques.

Si vous voulez aller encore plus loin, vous pouvez ensuite expérimenter le half time shuffle qui propose un tempo qui semble deux fois plus long que dans la version originale du shuffle.

Le secret du half time shuffle ?

La pulsation est jouée sur deux mesures. Continuez à jouer les quatre triolets de croches par mesure sur le hi hat, tandis que la grosse caisse marque uniquement le 1er temps et la caisse claire uniquement le 3e. De ce fait, le rendu sonore est complètement différent du backbeat classique (2e et 4e temps de chaque mesure) puisque que le half time shuffle insiste ici sur le 3e temps de la mesure.

La notation du half time shuffle – Illustration : FR[ed]C – Rim Shot & Ghost Note

Cette rythmique si particulière est souvent dénommée « Purdie shuffle », car le batteur américain Bernard Purdie serait le premier à l’avoir utilisé sur des morceaux de Steely Dan. Mais John Bonham (Fool in the rain de Led Zppelin) et Jeff Porcaro (Rosanna de Toto) ne sont pas en reste en matière de référence pour cette figure rythmique !

Avec le shuffle, on retrouve une nouvelle fois, le subtile mélange de maîtrise technique et de sensibilité artistique qui fait tout l’intérêt de notre instrument favori. Mais est-il encore nécessaire de le prouver ?

Retrouvez La Batterie … Mot à Mot ! sur Rim Shot & Ghost Note.

https://rimshotetghostnote.fr/la-batterie-mot-a-mot/

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