R comme Rudiments

Quand on aborde le thème des rudiments, on fait généralement face à deux catégories de batteurs.

D’un côté, il y a ceux qui considèrent que c’est une pratique indispensable pour acquérir les véritables bases du jeu. 

Et, d’un autre côté, on trouve ceux qui voient les rudiments comme une corvée barbante voire même nuisible pour la créativité.

Vous l’avez compris, les rudiments divisent le monde des batteurs !

Ce sont des exercices basiques sur lesquels l’apprentissage de la batterie trouve une assise technique. Il s’agit alors d’acquérir des gestes, des enchaînements, tout un vocabulaire qui servira ensuite à raconter une histoire au travers des fûts…

Mais, pour certains batteurs, comme Jojo Mayer, « on ne devrait en réalité en aucun cas commencer par les rudiments ! Un enfant de deux ans n’apprend pas à parler avec l’orthographe et la grammaire ! » (Batteur Magazine # 286 – Décembre 2014).

Face à ces deux écoles, il y a pourtant une vérité persistante : les rudiments font partie de l’histoire de notre instrument et ils trouvent leur origine dans la pratique militaire du tambour.

Au sein des armées, ces compositions basiques ou plus élaborées servaient de signe de reconnaissance ou de ralliement pour les différents régiments dans la cohue des champs de bataille. Mais elles permettaient également de donner des ordres, de rythmer des protocoles ou les différents moments de la vie des soldats.

La transmission orale de ces techniques a longtemps été la règle. Les rudiments de tambour ont ainsi traversé les siècles et ont lentement évolué au sein de nombreuses armées.

Drum Snare Drum Drums Small Drum Music

Photo libre de droit

Des instructeurs de la musique militaire ont ensuite commencé à les retranscrire sur des partitions. I faut alors attendre la fin du XIXe siècle pour découvrir quelques publications issues de l’armée américaine et tentant de standardiser les rudiments.

Mais c’est John Philipp Souza qui pose véritablement les bases avec la liste des 26 rudiments de l’armée américaine publiée dans son ouvrage Trumpet and Drum en 1886.

Cette liste initiale sera ensuite reprise par The National Association of Rudimental Drummers (N.A.R.D.) créée en 1933 à Chicago. Puis, en 1984, la Percussive Arts Society (P.A.S.) la complète avec 14 rudiments supplémentaires pour aboutir à la liste « officielle » que nous connaissons aujourd’hui. Elle s’appuie sur des rudiments en frisé et en roulé, sur des rebonds multiples, des moulins, des flas et des ras.

Il existe bien entendu une multitude d’adaptations, de combinaisons et de variations de ces rudiments initiaux. Un site internet dédié propose actuellement un répertoire de 570 rudiments hybrides !

Je n’entrerais pas dans l’éternel débat « pour ou contre les rudiments » mais je retiendrai simplement de cette histoire que le langage des batteurs est en perpétuelle évolution et qu’il s’adapte en permanence aux besoins et aux envies des musiciens.

Pratiquer les rudiments peut être vraiment répétitif et fastidieux. Mais je me suis pris au jeu ! Comment ? En ajoutant des accents ou des ghost notes, en incluant les cymbales et en développant ces motifs sur l’ensemble du kit. Bref, en passant de l’exercice purement technique à l’exercice créatif.

Maintenant, donnez-moi votre avis ! Quand on parle des rudiments, vous faites plutôt partie des batteurs enthousiastes ou des batteurs grimaçant ? Que vous apportent-ils ou, au contraire, pourquoi est-ce une véritable corvée ?

Retrouvez La Batterie … Mot à Mot ! sur Rim Shot & Ghost Note.

FR[ed]C

1 COMMENTAIRE

  1. Vive les rudiments 🙂 véritable corvée au départ ils permettent une fois bien assimilés de se balader sur l’instrument sans se soucier des doigtés L/R/K

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