La batterie mot à mot: D comme décroisé.

La grande majorité des batteurs jouent en croisant les bras. Et le jeu croisé est devenu la position standard pour apprendre à jouer de la batterie.

Pourtant, cette posture n’est pas naturelle et je ne connais pas d’autre musicien qui l’emploie.

Alors, d’où provient cette position croisée caractéristique ? En étudiant plus attentivement l’histoire de la batterie, une explication se dessine. 

Ainsi, à l’origine, seules les baguettes frappaient la caisse claire, la grosse caisse et l’unique cymbale utilisée dans le « double drumming ». Puis, avec l’invention de la pédale de grosse caisse, le pied fort (généralement le pied droit) a été assigné au fût le plus important de l’ensemble. Au fil des années, on a ajouté le low boy puis le hi-hat qui sont actionnés avec le second pied au moyen d’une autre pédale. Et, finalement, les batteurs ont commencé à marquer le rythme avec les baguettes sur ces cymbales installées sur leur gauche. La main forte est certainement la plus habile pour cet exercice. Elle est alors passée au-dessus de la main faible qui frappe la caisse claire. Et l’on a abouti à cette position croisée formée par les deux bras du batteur moderne.

Cependant, certains batteurs proposent une alternative avec le jeu décroisé.

Le principe est simple : ouvrir les bras !

La main faible dirige alors les rythmes sur le hi-hat tandis que la main forte joue sur la caisse claire et sur les toms. Dans cette position, la main jouant la caisse claire n’est pas bloquée sous l’autre bras. Et, tout le côté droit du kit devient beaucoup plus accessible.

Dans le même temps, la main jouant la charleston devient beaucoup plus forte. Elle acquiert davantage d’indépendance et de finesse de jeu.

Finalement, le jeu ouvert développe un véritable équilibre entre les côtés droit et gauche du batteur. La coordination est renforcée ainsi que la dextérité et la liberté de mouvement. Jouer de façon décroisée permet alors de faire un pas vers l’ambidextrie. 

Photo : FR[ed]C

Avez-vous remarqué que vous pratiquez déjà le jeu décroisé lorsque vous dirigez le rythme sur la cymbale ride ?

Ainsi, le jeu ouvert ne s’oppose pas au jeu croisé. 

Pour le mettre en pratique, il n’est pas question de faire table rase de son apprentissage traditionnel de la batterie. Il suffit d’établir de nouvelles connexions entre les quatre membres. Cela nécessite de retravailler la coordination et l’indépendance dans un nouveau contexte et en occupant l’espace différemment. 

Avec le jeu ouvert, le but n’est pas de tout remettre en question. Ce n’est pas un concept fermé. Il s’agit plutôt d’une aptitude complémentaire qui ouvre de nouveaux horizons derrière les fûts. De nouvelles sensations apparaissent, des enchaînements moins conventionnels viennent instinctivement donnant alors une vision plus originale de la pratique de la batterie.

Cette démarche s’intègre parfaitement dans l’évolution continue que connaît notre instrument depuis plus d’un siècle. Et l’ouverture du jeu va de pair avec l’ouverture d’esprit nécessaire à l’exploration de nouvelles techniques.

Et vous, vous êtes plutôt jeu croisé ou décroisé ? Avez-vous testé le jeu ouvert ? Qu’est-ce que cela a apporté à votre jeu ? Faites-nous part de votre expérience dans les commentaires !

FR[ed]C

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