Aujourd’hui P comme… PARADIDDLE

Quand on apprend à jouer de la batterie, il y a des exercices incontournables, des bases auxquelles il est impossible d’échapper. Pour cela, les batteurs pratiquent une vaste palette de rudiments. Il s’agit d’apprendre un langage qui permet ensuite d’explorer des territoires rythmiques plus complexes.

Vous connaissez le frisé et le roulé bien entendu. Mais ce rudiment, qui mêle habilement des coups simples et doubles, est sans doute le plus polyvalent que le batteur est amené à utiliser dans de nombreuses circonstances.

Le paradiddle est effectivement un rudiment incontournable qui est à la base de nombreux rythmes et fills. 

Dès les années 1930, il est ainsi retenu par les membres de The National Association of Rudimental Drummers (N.A.R.D.) pour figurer sur la liste des 26 rudiments originels que tout batteur se doit de connaître. Et il figure également en bonne place dans l’ouvrage incontournable Stick Control for the Snare Drummer de G.L. Stone (motif n°5 page 5).

Le paradiddle est appelé moulin en français. Mais je préfère conserver le terme américain, car il est vraiment évocateur du doigté à effectuer. En effet, dans la terminologie du tambour, para évoque le coup simple et diddle, le coup double. 

Ainsi, le paradiddle est constitué d’un enchaînement de quatre frappes, deux coups simples suivis d’un coup double placés avec une grande précision. L’exercice complet comprend huit frappes (soit 2 fois PARADIDDLE) avec une inversion du doigté après le premier motif. On obtient ceci :

D = main droite / G = main gauche

Et voici une notation plus classique :

La notation du paradiddle – Illustration : FR[ed]C – Rim Shot & Ghost Note

J’entends déjà les réfractaires à tout type de rudiment : « C’est bien beau tout cela, mais le paradiddle ça reste un rudiment, et les rudiments, c’est ch….. ! »

J’ai deux arguments majeurs pour tenter de convaincre les plus septiques.

Tout d’abord, l’intérêt majeur du paradiddle est de favoriser le contrôle et l’indépendance de chaque main grâce à l’alternance incessante du doigté. Main faible et main forte travaillent effectivement de la même manière au cours d’un seul et même exercice. Le batteur gagne ainsi en efficacité dans les mouvements combinés de ses deux mains.

De plus, cette petite combinaison sans prétention de deux des éléments les plus basiques de la batterie est en mesure de booster votre créativité. Ajoutez des accents, intégrez les toms, la grosse caisse ou le hi-hat et les combinaisons sont démultipliées. Dans le même temps, vous entamez un travail d’indépendance dans trois ou quatre directions.

Au fil des années, des centaines de variations du paradiddle ont ainsi été engendrées. Quelques exemples ?

  • Inverted paradididdle (2e version du moulin) : DGGD GDDG
  • Reverse paradiddle (3e version du moulin) : DDGD GGDG.
  • 4e version du moulin : DGDG GDGD.
  • Double paradiddle : DGDGDD GDGDGG.
  • Triple paradiddle : DGDGDGDD GDGDGDGG.
  • Paradiddle-diddle : DGDDGG DGDDGG
  • Flam paradiddle (fla sur le 1er temps) : (g)DGDD (d)GDGG
  • Flam paradiddle-diddle, 
  • Single dragadiddle (la 1re note est un ra),
  • Etc.

Le paradiddle a ainsi été utilisé dans tous les styles musicaux. Il est alors orchestré de telle manière qu’il est souvent difficile de le reconnaître à la première écoute.

Qui a dit que les rudiments sont vraiment trop barbants ?

Retrouvez La Batterie … Mot à Mot ! sur Rim Shot & Ghost Note.

FR[ed]C

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