R comme rivet.

C’est déjà le troisième numéro de la rubrique Mot à Mot !

Mais je vous rassure le langage des batteurs est une source inépuisable de découverte.

Aujourd’hui R comme… RIVET

Que vient faire un terme de mécanique dans un lexique consacré à la batterie ?

En effet, un rivet est un élément métallique de forme cylindrique utilisé habituellement pour assembler des pièces plates préalablement percées. 

Chez les batteurs, le rivet est employé comme accessoire sur les cymbales. Il est alors installé dans des trous préalablement percés dans le corps de la cymbale. Mais contrairement à l’assemblage mécanique traditionnel, il n’est pas bloqué et peut bouger librement.

Lors de la frappe sur la cymbale, le rivet entre alors en vibration et délivre le « sizzle » (littéralement « grésillement »).

Les cymbales rivetées (ou cloutées) ont fait leur apparition à l’époque du Dixieland au début du 20e siècle. Au cours des années 1950, des batteurs de jazz comme Art Blakey les ont remis à la mode. Et de nos jours, Ringo Starr, Dave Weckl ou encore Will Calhoun n’hésitent pas à les inclure dans leur set.


La sonorité de la cymbale ne se trouve pas profondément modifiée par l’installation de rivets. Elle est dominée par la sensation de vibration et on peut néanmoins remarquer qu’elle devient plus sèche. D’autre part, les rivets vont accentuer la résonance tout en mettant en avant les fréquences aiguës. En contrepartie, la dynamique de la cymbale (le ping) et son sustain naturel peuvent se trouver atténués.

Ce sont principalement les cymbales ride qui sont rivetées, mais tous les modèles de cymbales peuvent en être équipés pour obtenir une couleur ou un effet particulier.

Plusieurs facteurs vont influencer les nuances obtenues avec une cymbale rivetées : 

  • l’épaisseur et le poids de la cymbale,
  • le nombre, la densité et le matériau des rivets installés, 
  • la position des rivets par rapport au bord de la cymbale,
  • et l’inclinaison de la cymbale sur son pied.

Ainsi, plus la cymbale est fine et plus l’effet « sizzle » sera marqué.

Des rivets en acier produiront un « grésillement » plus brillant et plus net que des rivets en laiton avec lesquels l’effet obtenu sera plus doux.

Quant à leur disposition, les rivets seront répartis régulièrement sur toute la circonférence ou, au contraire, regroupés par 2 ou 3. À noter que si le nombre de rivets est trop important, cela

pourra avoir des répercussions négatives sur le sustain de la cymbale.

Si vous ne voulez pas percer votre cymbale ou si vous souhaitez tester l’effet « sizzle », vous pouvez utiliser une chaînette à bille (chain sizzler) accrochée au tilter et disposée sur la cymbale. Vous obtiendrez un effet comparable !

Au cours de votre dernière lecture, êtes-vous tombé nez à nez avec l’un de ces mots issus du jargon des batteurs ?

Dites-le moi dans les commentaires et j’essaierai de vous apporter une réponse dans un prochain article. Cette rubrique est là pour vous donner quelques pistes pour déchiffrer le langage des batteurs.

Retrouvez La Batterie … Mot à Mot ! sur Rim Shot & Ghost Note.

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